jeudi 1 octobre 2020
mardi 28 janvier 2020
Vivre sans eau...c'est possible !
Vivre sans eau…c’est possible !
Dans un monde où la surconsommation hydraulique est un fléau je peux vous le dire :
Dans un monde où la surconsommation hydraulique est un fléau je peux vous le dire :
Oui vivre sans eau c’est possible...mais pas humain ! C’est ce que je viens de vivre pendant cette dernière semaine. Pour vous recontextualiser un peu, je suis rentrée d’un périple de 3 mois aux US, pays de la surconsommation, pays de la démesure et pays qui arrose les plantes quand il pleut ! Ayant gentillement prêté mon appartement à deux amis en galère je suis rentrée à la maison sans me douter de ce qu’il m’attendais. Me voici chez moi, tout parait identique à ce que j’ai laissé 3 mois auparavant. Mais ce n’est que d’apparence. Mes toilettes sont bouchés, une crasse étrange s’est incrustée un peu partout, des bêtes ridiculement minuscules commencent à gratter mon corps. Sans parler de l’énergie lourde qui colle au mur, pour laquelle je ne chercherais même pas à savoir les tenants et les aboutissants, de peur de me transformer en tempête cosmique qui pourrait faire de la tronche de ces fameux « amis » des ressortissants de la guerre du Vietman ou de George Foreman après un combat contre Muhammed Ali. Ma seule option : RESPIRER bien fort et TROUVER UNE SOLUTION. Car dans ce monde ou tu aide les gens qui n’ont pas ta chance, et bien ceux ci se permettent de te laisser dans la merde (au sens littéral du terme). Oui mes toilettes sont bouchés, remplis de merde et de je ne sais quoi et moi, je dois pouvoir continuer à vivre dignement chez moi. Je décide donc d’appeler un plombier qui me dit que le toilette entier est cassé et que l’affaire me coutera au minimum 300 euros si ce n’est plus. Mes « amis » ne m’ont toujours pas payé les 2 loyers qu’ils me doivent, la facture s’élève à plus de 1200 euros sans compter ce que je vais devoir payer au plombier. Ils doivent certainement se dire que je suis la fille de Rothschild et que je vais payer ça pour eux et qu’ils pourront continuer à joyeusement vaquer à leur occupations, en m’affichant sans aucune pression, leur semblant de vie aux travers des réseaux sociaux. Pensant être à l’abris de tout retour karmique. Laisse moi rire bébé, cause Don’t fuck with karma !
Les premiers jours de mon retour j’avais encore accès à l’eau du coup, je faisais mes besoins dans la baignoire, ce qui retiens quand même d’une épreuve, mais ça crée l’aventure. Quand arrive la grosse commission, prend tes jambes à ton coup, ou chie dans le sac plastique c’est à toi de voir. Quand il faut se laver les dents, prends ta brosse et vas au bar d’en bas. Quand ton corps commence à doucement se décomposer car ça fait au moins 4 jours que tu ne t’ai pas lavé et que tu ne peux même plus sortir de chez toi tant l’odeur de tes aisselles est insoutenable, tu te mets a pleurer, car tu viens de littéralement…perdre ta dignité. Voila nous y sommes le mot est lâché : DIGNITE ! La dignité humaine est ce que nous avons de plus précieux avec notre liberté et quand l’un des facteurs manque à l’appel et bien tu te retrouve démuni, vraiment démuni. Je fais de l’humour sur la situation, mais elle est grave. Tant pas que je ne me sois pas lavé pendant 4 jours, là n’est pas vraiment la question, mais que ce qui vient de m’arriver pendant une semaine arrive chaque jour qui passe à une grande partie de la population. Ces êtres humains, qui pour leur survie on décidé de traverser des mers et des océans pour être accueillis dans nos pays occidentalisés ; comme des malpropres, comme des nuisibles et à qui on a ôté toute dignité, en ne leur permettant pas d’accéder à l’eau potable, ni même courante, qu’on a laissé pourrir dans des camps, qu’on continu à enfermer et à maltraiter comme si leurs vies n’avaient aucune valeur. Je n’ai pas de bouc émissaire, ni même un seul président à blâmer, c’est à chacun de faire une petite part du travail, d’aider à sa manière, d’ouvrir la porte à quelqu’un dans le besoin.
Mon histoire s’est réglée..enfin pas pour le retour de l’eau chez moi, mais j’ai repris ma dignité grâce à ma voisine, une petite colombienne qui vit à mes cotés depuis 12 ans maintenant, à qui je n’avais quasiment jamais pris le temps de parler, qui vit de ménages et de petits boulots, qui a voulu, du haut de son 10m2 cuisine, salon, salle de bain, salle a manger, créer son eldorado. L’eldorado de tous ceux que la misère de leurs contrées ont poussé chez nous sans réel liberté de succès ou de vie meilleure. Sandra, ma voisine si gentille, qui n’a jamais eu un mot plus haut que l’autre, qui n’a jamais frappé à ma porte alors que nos murs en papier mâchés laissaient transparaitre les bruits de nos vies respectives et tout le monde sait à quel point j’aime faire la fiesta jusqu’à tôt dans la matinée. Cette invisible qui avait toujours été là, m’a ouvert sa porte en me voyant dans la détresse. Car oui, au bout de 5 jours sans eau, on peut vivre…mais ce n’est pas humain.
Pour en finir avec ce que cette ange vivant vient de faire, au delà du fait que je lui suis éternellement reconnaissante de m’avoir ouvert son intimité pour m’aider, Sandra m’a donné la clé de chez elle au cas où j’avais besoin d’aller aux toilettes. Qui dans ce monde, à part tes meilleurs amis (et encore) ferait ça ?
Je sais que le karma existe, car j’ai toujours ouvert la porte aux gens dans le besoin, toujours offert une douche (à l’époque où j’avais encore de l’eau chez moi) à qui en avait besoin. Soyez bons, soyez ouvert d’esprits, ne restez pas cloitrés dans vos petites vies individualistes, nous ne sommes qu’un et si nous décidons de tous nous entraider notre monde ira mieux.
Je prends cette phase de ma vie comme une leçon humaine, comme une pierre de plus a l’édifice de la bonté, de la bienveillance et de l’entraide. Nous sommes un grand groupe d’humains, ne sachant pas vraiment pourquoi nous sommes là, mais une chose est sûre, nous sommes les créateurs de ce monde et nous nous devons d’aider notre prochain.
bisou bisou amour toujours
Clémentine Huet Sbocaj
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